Les revenus

Il existe des écarts de revenus terribles entre d'une part les pays riches et les pays pauvres ( évidemment; c'est même comme ça qu'on les définit...), mais également au sein d'un pays entre les plus riches et les plus pauvres. Exemple dans le pays sûrement le plus extrême : les Etats Unis. En 2007, les 1% des américains les plus riches se partagent 23.5% de l'ensemble des revenus du pays, et les 0.1% les plus riches se partagent 12.3% des revenus. En quoi serait-ce dans l'intérêt général de tolérer de tels écarts entre les plus riches d'un pays et les autres ?

C'est d'abord pour une question d'égalité et de justice sociale qu'il parait aberrant de laisser perdurer de tels inégalités. Mais c'est également vrai pour une question environnementale et climatique. Je m'explique :
Le modèle de consommation ostentatoire délivré par les "riches" a de nombreuses conséquences.

"En faisant de leur comportement - en l’occurrence de leur consommation - la norme de ce qui est perçu comme convenable et respectable, la classe oisive s’assure la soumission des classes inférieures. Cette soumission est renforcée par les tentatives des classes inférieures pour imiter les modes de consommation de la classe oisive. Ainsi, leur préoccupation centrale n’est pas de se demander si « l’ordre social est juste et le meilleur possible », mais plutôt « comment puis-je devenir riche et rejoindre la classe oisive ? » " (1).

La consommation ostentatoire des riches a pour conséquence de renforcer les envies de consommations des classes inférieures et le modèle économique dominant extrêmement inégalitaire. Et c'est bien la société de consommation et nos modes de vie toujours orientés vers le "consommer plus" qui sont à l'origine des catastrophes climatiques et environnementales que nous préparons.

C'est donc l'existence même d'une classe de "riches" qu'il faut repenser.
Sur la question des revenus, que peut-on alors mettre en place? La réponse parait assez simple : une imposition fortement progressive sur les revenus, avec à partir d'un certain niveau de revenu une tranche d'imposition à 90%, 95% ou même 100%. On parle alors là de Revenu Maximum Autorisé.
Cette idée n'a rien d'utopique, puisque pour reparler des États-Unis, sans que ce pays soit à montrer en exemple, une forte imposition des hauts revenus à déjà existé. Dans les années 1920, le taux marginal était de 25%. La crise de 29 étant passée par là, Roosevelt fait passer ce taux à 63% en 1932, 79% en 1936, puis 91% à partir de 1941, et même 94% en 44-45. Un taux de 91% sera maintenu jusqu'en 1965, année où il est ramené à 77%. Quand Ronald Reagan est élu président, en 1980, le taux marginal d'imposition est encore de 70%.
Maintenant, à partir de quel niveau de revenus faut-il taxer à 90%, 95% ou 100% ?
Le débat doit bien sûr être démocratique, mais on peut déjà avancer l'idée d'exprimer ce niveau de revenu en nombre de fois le niveau de revenu médian. A titre d'exemple, une proposition de loi du Parti de Gauche envisage une imposition à 100% à partir de 20 fois le revenu médian, soit 352 000€ (2).